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Bac 2007, sujets techno, la poésie, Tardieu, Victor Hugo, R. Guy Cadou, Paul Eluard

 

 

DNBAC

 

 

CENTRES ÉTRANGERS
SÉRIES TECHNOLOGIQUES



Objet d'étude
: La poésie.
Corpus :
Texte 1 : Victor HUGO, Les Contemplations, IV,
1856.
Texte 2 : Paul ELUARD, Sept poèmes d'amour en guerre, 1943,
Texte 3 : René-Guy CADOU, Hélène ou le règne végétal, 1945,
Texte 4 : Jean
TARDIEU, Formeries, 1976.



Texte 1 : Victor HUGO, Les
Contemplations, IV, 1856.

[Dans la seconde partie du recueil Les
Contemplations, Victor Hugo évoque sa douleur de père après la mort de sa fille]


Oh ! je fus comme fou dans le premier moment,
Hélas ! et je pleurai
trois jours amèrement.
Vous tous à qui Dieu prit votre chère espérance,

Pères, mères, dont l'âme a souffert ma souffrance,
Tout ce que
j'éprouvais, l'avez-vous éprouvé ?
Je voulais me briser le front sur le
pavé;
Puis je me révoltais, et, par moments, terrible,
Je fixais mes
regards sur cette chose horrible,
Et je n'y croyais pas, et je m'écriais :
Non !
− Est-ce que Dieu permet de ces malheurs sans nom
Qui font que
dans le cœur le désespoir se lève ? −
Il me semblait que tout n'était qu'un
affreux rêve,
Qu'elle ne pouvait pas m'avoir ainsi quitté,
Que je
l'entendais rire en la chambre à côté,
Que c'était impossible enfin qu'elle
fût morte,
Et que j'allais la voir entrer par cette porte !

Oh ! que
de fois j'ai dit : Silence ! elle a parlé !
Tenez ! voici le bruit de sa
main sur la clé !
Attendez ! elle vient ! laissez-moi, que j'écoute !

Car elle est quelque part dans la maison sans doute !

Jersey, 4
septembre 1852



Texte 2 : Paul ELUARD, Sept poèmes d'amour en
guerre, Au rendez-vous allemand, 1943.

Au nom du front parfait profond

Au nom des yeux que je regarde
Et de la bouche que j'embrasse
Pour
aujourd'hui et pour toujours

Au nom de l'amour enterré
Au nom des
larmes dans le noir
Au nom des plaintes qui font rire
Au nom des rires
qui font peur

Au nom des rires dans la rue
De la douceur qui lie nos
mains
Au nom des fruits couvrant les fleurs
Sur une terre belle et bonne


Au nom des hommes en prison
Au nom des femmes déportées
Au nom
de tous nos camarades
Martyrisés et massacrés
Pour n'avoir pas accepté
l'ombre

II nous faut drainer la colère
Et faire se lever le fer

Pour préserver l'image haute
Des innocents partout traqués
Et qui
partout vont triompher.



Texte 3 : René-Guy CADOU (1920-1951),
Hélène ou le règne végétal, 1945.

Je t'attendais ainsi qu'on attend les
navires
Dans les années de sécheresse quand le blé
Ne monte pas plus
haut qu'une oreille dans l'herbe
Qui écoute apeurée la grande voix du temps


Je t'attendais et tous les quais toutes les routes
Ont retenti du
pas brûlant qui s'en allait
Vers toi que je portais déjà sur mes épaules

Comme une douce pluie qui ne sèche jamais

Tu ne remuais encore que
par quelques paupières
Quelques pattes d'oiseaux dans les vitres gelées

Je ne voyais en toi que cette solitude
Qui posait ses deux mains de
feuille sur mon cou

Et pourtant c'était toi dans le clair de ma vie

Ce grand tapage matinal qui m'éveillait
Tous mes oiseaux tous mes
vaisseaux tous mes pays
Ces astres ces millions d'astres qui se levaient


Ah que tu parlais bien quand toutes les fenêtres
Pétillaient dans le
soir ainsi qu'un vin nouveau
Quand les portes s'ouvraient sur des villes
légères
Où nous allions tous deux enlacés par les rues.




Texte 4 : Jean TARDIEU, Formeries, L'accent grave et l'accent
aigu, 1976.

Conjugaisons et interrogations

J'irai je n'irai pas
je n'irai pas
Je reviendrai Est-ce que je reviendrai ?
Je reviendrai Je
ne reviendrai pas

Pourtant je partirai (serais-je déjà parti ?)

Parti reviendrai-je ?
Et si je partais ? Et si je ne partais pas ? Et si
je ne revenais pas ?

Elle est partie, elle ! Elle est bien partie. Elle
ne revient pas
Est-ce qu'elle reviendra ? Je ne crois pas Je ne crois pas
qu'elle revienne
Toi, tu es là Est-ce que tu es là ? Quelquefois tu n'es pas
là.

Ils s'en vont, eux. Ils vont ils viennent
Ils partent ils ne
partent pas ils reviennent ils ne reviennent plus

Si je partais, est-ce
qu'ils reviendraient ?
Si je restais, est-ce qu'ils partiraient ?
Si je
pars, est-ce que tu pars ?
Est-ce que nous allons partir ?
Est-ce que
nous allons rester ?
Est-ce que nous allons partir ?



I. Vous
répondrez d'abord aux questions suivantes (6 points)

Quelles remarques
pouvez-vous faire sur la forme poétique de chacun de ces poèmes ? (2 points)


Quelles fonctions les poètes attribuent-ils à la poésie dans chacun des
textes du corpus ? Vous justifierez votre réponse en vous fondant sur les
procédés d'écriture qui vous semblent les plus remarquables. (4 points)


II. Vous traiterez un de ces sujets au choix (14 points):


Commentaire
Vous commenterez le texte de René-Guy CADOU
- en
vous intéressant d'abord à la façon dont le poète évoque la rencontre avec la
femme aimée et la naissance du couple
- puis en étudiant comment le poète
associe la femme aimée au monde.

Dissertation
On associe souvent
poésie et lyrisme. La poésie consiste-t-elle seulement pour les poètes à
exprimer leurs sentiments personnels ? Vous répondrez à cette question en
utilisant les textes du corpus, mais aussi des exemples empruntés aux œuvres
étudiées en classe ou lues personnellement.

Invention
Vous êtes
directeur d'une revue poétique. À un lecteur ou une lectrice qui a affirmé que
la poésie était inutile dans notre monde actuel, vous répondez sous la forme
d'une lettre en prenant la défense de la poésie.
Vous utiliserez les textes
du corpus mais aussi les textes et les œuvres étudiés ou lus personnellement.

Vous présenterez votre travail sous la forme d'une lettre mais sans la
signer.

 

Date de dernière mise à jour : 28/08/2017

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