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Victor Hugo, les rayons et les ombres, une description de la fonction du poète : un poème engagé

 

victor Hugo

 

 

 

 

VICTOR HUGO

 FONCTION DU POÈTE ET DE LA POÉSIE : Les rayons et les ombres, 1840

*** Ressources du forum. Commentaire proposé par Clarisse, membre du forum

Première partie de l'entretien

Introduction :

 Dans ce poème des « Rayons et des Ombres », Hugo répond à la question de savoir quelle est la fonction du poète. Il est vrai que depuis les premiers mouvements de la Poésie, le poète a toujours été considéré comme une classe à part, il est le grand maudit, le voyant, l’écorché vif. Ses malheurs et ses ennuis sont la source d’inspiration de son génie. L’on songe à Vigny, et son Chatterton suicidaire, ou à Musset, l’enfant sublime, comme on pourrait songer à Bellay le mélancolique, ou à Sponde le torturé. Mais Hugo rompt avec la tradition, et essaye d’expliquer quelle est la véritable fonction du poète.

 

I) Un poème engagé

A) De multiples destinataires.

L’apostrophe « peuple »

Nombreuses exclamations, ponctuation expressive, tout cela pour montrer que le poème est ouvert, et engagé, qu’il s’adresse à tous, et qu’il porte un message subjectif.

Les octosyllabes, jamais fragmentées, donnent un côté spontané et dynamique au poème. Tous peuvent le lire.

B) Pluricité de lieux, pluricité d’actions.

Nombreuses récurrences du déterminant « tout » qui montre bien que la fonction du poète embrasse le monde entier.

Champ lexical du temps « passé, avenir, éternité ». Ces trois mots sont ceux entre lesquels la poésie fait le lien, puisque le poète, à partir du passé de l’homme, se projette dans son futur pour l’ancrer dans « l’éternelle vérité »

II) Une description de la Fonction du poète.

A) Une dimension religieuse importante.

La métaphore du poète au deuxième paragraphe, qui devient presque un moissonneur de Dieu, celui qui féconde le monde, contribue à sa puissance, et montre bien qu’il agit sur le monde entier.

La métaphore du poète au troisième paragraphe, qui devient presque un nouveau Soleil, contribue à cet éloge, ainsi qu’à une dimension universelle, et divine.

Les présents de vérité générale apportent une moralité au texte, et contribuent également à l’idée selon laquelle le poète transmet la parole divine.

B) Le poète, alchimiste des mots, accordeur des choses.

L’alternance des trois types de vers « ABBA / ABAB / et AABB » se fait le symbole de la virtuosité de la poésie et du poème.

Les champs lexicaux de la lumière et de la religion donnent un aspect prophétique au poète. Il est envoyé de Dieu sur terre. Il montre aux hommes (s’attacher aux verbes de perception : « faire resplendir » (23) ou « distinguer » (6) le chemin à suivre.

Le champ lexical de la nature, à laquelle le poète est assimilé, fait écho au Romantisme et contribue à l’éloge du poète.

De nombreuses antithèses (8, 18, 20/21, 26) décrivent l’intégralité du monde, et le poète est placé comme le lien entre les choses opposées.

Une quantité appréciable de vers débute soit pas Lui, soit par Il => Le poète monopolise le poème.

Conclusion :

Hugo nous propose dans la fin de ce long poème, une nouvelle vision de ce que doit être la poésie, et du travail que doit accomplir le poète. Pour lui, la poésie doit permettre, comme le dira plus tard Baudelaire, de deviner « les splendeurs situées derrière le tombeau », et, le poète, comme le dira Rimbaud, encore plus tard «le poète doit se faire voyant ». C’est donc l’une des bases de toute la conception de la poésie du XIXème siècle que Hugo expose dans ce texte, qui trouvera de nombreux échos, et qui contribuera à forger la vision de la poésie que tout un siècle va servir.

Ouverture :

Répondre à la question :

En quel sens ce poète représente t'il les bases de toute la conception de la poésie du 19ème siècle? Justifiez votre réponse. Elargir avec Rimbaud et Baudelaire.

Le poème

  • Peuples! écoutez le poète !
  • Ecoutez le rêveur sacré !
  • Dans votre nuit, sans lui complète,
  • Lui seul a le front éclairé.
  • Des temps futurs perçant les ombres,
  • Lui seul distingue en leurs flancs sombres
  • Le germe qui n'est pas éclos.
  • Homme, il est doux comme une femme.
  • Dieu parle à voix basse à son âme
  • Comme aux forêts et comme aux flots.

 

  • C'est lui qui, malgré les épines,
  • L'envie et la dérision,
  • Marche, courbé dans vos ruines,
  • Ramassant la tradition.
  • De la tradition féconde
  • Sort tout ce qui couvre le monde,
  • Tout ce que le ciel peut bénir.
  • Toute idée, humaine ou divine,
  • Qui prend le passé pour racine,
  • A pour feuillage l'avenir.

 

  • Il rayonne! il jette sa flamme
  • Sur l'éternelle vérité !
  • Il la fait resplendir pour l'âme
  • D'une merveilleuse clarté.
  • Il inonde de sa lumière
  • Ville et désert, Louvre et chaumière,
  • Et les plaines et les hauteurs ;
  • A tous d'en haut il la dévoile;
  • Car la poésie est l'étoile
  • Qui mène à Dieu rois et pasteurs !

(Victor Hugo, Les Rayons et les ombres, 3 dernières strophes)

 

Date de dernière mise à jour : 14/03/2017