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•Le succès du tx théâtral dépend t'-il de règles.... Dissertation intégralement rédigée

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Séquence consacrée au genre théâtral (oeuvre intégrale : L'école des femmes, de Molière ; groupement de textes : Le héros et le pouvoir au théâtre, composé notamment d'un extrait d'Horace, de Corneille).

Sujet :

Corpus :
Nicolas BOILEAU, Art poétique, III, v. 25 à 33, 1674.

[Boileau, poète du XVIIème siècle, définit ici les normes classiques de l'art du théâtre.]
Le secret est d'abord de plaire et de toucher :

Inventez des ressorts qui puissent m'attacher.

Que dès les premiers vers l'action préparée

 Sans peine du sujet aplanisse l'entrée

1. Je me ris d'un acteur qui, lent à s'exprimer,

De ce qu'il veut d'abord, ne sait pas m'informer.

 Et qui, débrouillant mal une pénible intrigue,

 D'un divertissement me fait une fatigue [...].

 Le sujet n'est jamais assez tôt expliqué. [...]

1. du sujet aplanisse l'entrée : aplanisse l'entrée du sujet, supprime les difficultés à l'entrée du sujet.
"Qu'en un lieu, qu'en un jour, un seul fait accompli Tienne jusqu'à la fin le théâtre rempli. "
Nicolas BOILEAU, Art poétique.

Sujet :
Dissertation.
Selon vous, le succès du texte de théâtre ou de la représentation théâtrale est-il dépendant du respect de règles telles que celles qu'énonce Boileau, et des règles classiques d'une manière générale ? Vous appuierez votre réponse sur les textes du corpus, sur des pièces que vous connaissez ou sur des représentations dont vous avez l'expérience.

Dissertation d'Hicham D. :

Depuis l’Antiquité, le théâtre a connu un franc succès qui a perduré à travers les différentes époques de l’Histoire. Selon Boileau, pour que ce succès ait lieu d’être, il faut ‘‘qu’en un lieu, qu’en un jour, un seul fait accompli tienne jusqu’à la fin du théâtre rempli’’. En d’autres termes, il décrète que le succès dépend du respect des règles classiques, à savoir la vraisemblance, la bienséance et les trois unités de temps : temps, lieu et action. Il sera prouvé, dans un premier temps, que ce succès dépend bien des règles, dans certains cas, mais que cela n’est pas valable partout et en toute circonstance.

En premier lieu, il est possible d’affirmer que le succès d’une pièce dépend du respect des règles classiques. En effet, à l’époque où écrit Boileau (XVIIème siècle), le Classicisme est le mouvement dominant. Il est donc essentiel de respecter les règles de ce mouvement si l’on veut connaître le succès. Si celles-ci sont si importantes, c’est parce qu’elles proviennent de l’Antiquité. Or, le Classicisme cherche à imiter l’Antiquité. Quoi de mieux que de reproduire le style de cette époque quand on possède un tel but ? A juste titre, les plus grandes pièces de l’époque comme Horace de Corneille, Bérénice ou Phèdre de Racine prennent place dans un contexte antique, outre que les auteurs respectent les règles énoncées par Boileau telles que la présence ‘‘d’un lieu’’, ‘‘d’un seul fait’’ et ‘‘d’un jour’’. Ainsi, il est possible d’affirmer que le respect des règles du mouvement de l’époque est essentiel pour que la pièce trouve le succès.
            Outre cela, il est possible de noter que l’essor de la comédie n’a pu se soustraire au respect de ces règles. Jadis mises de côté à l’époque de l’Antiquité dans ce genre, leur intégration a propulsé la comédie de telle manière qu’elle a connu le succès chez les nobles, au XVIIème siècle. Molière, un des auteurs phares de l’époque responsable, a ainsi créé la ‘‘Grande Comédie’’, qui connut un grand succès, même avec la très haute noblesse comme Monsieur le frère du Roi. Pour ce faire, il a élaboré des pièces de cinq actes (Le Médecin malgré lui, l’Avare), composés d’alexandrins jusque-là utilisés seulement dans les tragédies, et a respecté les règles classiques. Par exemple, dans L’École des femmes, il fait une mise en abîme lorsqu’Agnès parle de sa rencontre avec Horace à Arnolphe afin de respecter la règle de l’unité de temps (une journée). C’est par ce respect de règles classiques que la comédie a connu le succès.

De plus, le succès, au XVIIème siècle, est défini par une élite intellectuelle : les nobles. Les pièces classiques, en particulier les tragédies, mettent en scène des personnages proches du pouvoir, ce qui permet aux nobles de s’identifier à ceux-ci. Comme le dit Boileau : ‘‘le secret est d’abord de plaire et de toucher’’. En permettant au spectateur de s’identifier au personnage, l’auteur le touche bien plus qu’en mettant en scène un personnage sans réel élément familier à celui qui assiste à la pièce. Dans le Cid de Corneille, par exemple, les personnages sont nobles, ce qui permet à ceux-ci de s’y identifier. Dans Britannicus de Racine, ils sont très proches du pouvoir. Or, l’utilisation de tels personnages est propre à la tragédie classique, plus présente à l’époque du Classicisme que la comédie classique, et donc aux règles classiques, ce qui prouve là encore que le respect de celles-ci permettent d’atteindre le succès.

Cependant, bien que de nombreuses pièces aient connu le succès grâce au respect de ces règles, un nombre tout aussi important l’a connu sans les avoir respectées, notamment avec le Drame Romantique au XIXème siècle ou le Théâtre de l’Absurde au XXème. Rhinocéros d’Eugène Ionesco, par exemple, met en scène des personnages à tête de rhinocéros, ce qui est contraire à la règle de vraisemblance (puisqu’on doit y croire). Un autre exemple : Hernani de Victor Hugo est très riche en rebondissements si bien qu’on a également du mal à y croire. Toutefois, le phénomène de Catharsis est toujours présent et purge le spectateur sans pour autant respecter à tout prix les règles classiques, qui, selon Boileau, sont nécessaires pour ‘‘tenir le théâtre rempli’’. Dans ces cas-ci, les règles classiques sont transgressées, et pourtant les pièces n’en sont pas dépourvues de succès.

En outre, sans avoir à faire un aussi grand bond dans le temps, on peut remarquer que ces règles n’étaient pas forcément respectées à l’époque précédant de très peu celle de Boileau, notamment avec Shakespeare. Il s’agit certes d’une littérature étrangère, mais Boileau utilise le présent de vérité générale lorsqu’il annonce sa thèse : ‘‘Le secret est d’abord de plaire et de toucher’’. En utilisant cette valeur du présent, il décrète que cette phrase est valable partout, lui donnant un caractère universel. Cela vaudrait aussi pour Shakespeare, auteur anglais de la fin du XVIème siècle. Or, ce dernier a créé des pièces mondialement connues et reconnues, sans pour autant respecter ces règles. Macbeth en est le meilleur exemple : il y a présence de sang et de morts sur scène (contrairement à la règle de bienséance), ainsi que d’un monde surnaturel avec les trois sorcières (ce qui défie la règle de vraisemblance). S’ajoute à cela une longue durée dans la pièce, puisque le prince Malcolm s’enfuit dans un autre pays avant de revenir avec une puissante armée. Il lui faut donc au minimum un mois, si ce n’est plus, contrairement à la règle d’unité de temps (une journée maximum). Sans changer d’époque, il est clairement montré que les règles classiques peuvent se soustraire mais que cela ne change pas la présence d’un succès.

Enfin, le respect des règles n’est pas une garantie de succès. Corneille, un des plus illustres auteurs ayant respecté ces règles, a connu beaucoup d’échecs. Le plus célèbre d’entre eux est Tite et Bérénice. Les trois unités y sont pourtant respectées, tout come la présence de cinq actes, d’alexandrins, d’une vraisemblance et d’une bienséance. L’intrigue est claire, tout correspond à ce que dit Boileau et pourtant le succès n’a pas été atteint. Cela prouve sans conteste que le respect des règles classiques n’a pas systématiquement d’influence sur le succès, contrairement à ce que dit Boileau.

En conclusion, il est possible de dire que l’affirmation de Boileau est en grande partie vraie pour son époque, mais n’est pas systématique à travers les époques. Certaines règles classiques sont conservées au XVIIIème siècle, tandis que d’autres le seront au XIXème. L’apparition de nouveaux mouvements fait que les styles varient d’une époque à l’autre, notamment avec le Théâtre de l’Absurde qui ne va respecter aucune règle sans toutefois perdre en qualité.



Hicham D., 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, juin 2009.





Dissertation de Julie A. :

Les règles classiques du théâtre, élaborées au XXème siècle, furent le modèle et l a « marche à suivre » pour de nombreuses pièces et elles le sont quelques fois On p encore aujourd’hui. On peut donc se demander si le succès du texte de théâtre ou de la représentation théâtrale est dépendant du respect des règles telles que celles qu’énonce Boileau, et des règles classiques, d’une manière générale. Autrement dit : Le théâtre doit-il forcément respecter les règles classiques comme le dit Nicolas Boileau dans son Art poétique ? Dans un premier temps, il est possible de penser qu’il est préférable de respecter ces règles classiques comme l’affirment de nombreux auteurs du XVIIème tels que Nicolas Boileau ou Pierre Corneille, mais il n’est pas impossible non plus de penser que l’on peut ne pas respecter ces règles comme le montre l’évolution du théâtre jusqu’à nos jours.

En premier lieu, il est préférable de penser que le théâtre doit respecter les règles classiques établies au XVIIème siècle. En effet, le respect de la règle des trois unités implique aussi une simplicité dans le fond de la pièce en question et permet donc au spectateur ou au lecteur de tout de suite saisir et apprécier l’intrigue. Dans Antigone de Sophocle par exemple, l’intrigue est exposée dès la première scène, le lieu ne change pas (l’action se déroule dans une seule pièce du palais royal) et l’action ne dure qu’une journée. De même dans L’école des femmes de Molière où l’intrigue est exposée dès la première réplique, l’action se déroule dans un seul lieu (la maison d’Arnolphe) et en une journée. Tout cela montre bien que le théâtre doit respecter les règles strictes énoncées par Nicolas Boileau pour une meilleure compréhension et un plus grand succès de la pièce.

En outre, ce respect des règles classiques au théâtre permet ou au moins permettait au XVIIème siècle et au début du XVIIIème siècle une bonne considération du théâtre. C’est pour cela d’ailleurs que Molière créa la « Grande comédie » qui était une comédie qui respectait les règles classiques telles que la règle des trois unités, la règle de vraisemblance et la règle de bienséance. De plus, les pièces étaient écrites en cinq actes et en vers. On peut le voir par exemple avec L’avare, le Médecin malgré lui ou bien même le Malade Imaginaire. On peut donc en effet affirmer que le théâtre doit suivre les règles classiques pour avoir du succès.

Cependant même s’il est vrai que l’on peut penser qu’il est préférable de respecter les règles énoncées par Boileau, et les règles classiques en général, on voit grâce à l’évolution du théâtre après 1945 que les pièces peuvent ne pas respecter ces règles strictes. En effet, le non respect de la règle de vraisemblance (il fallait que la pièce soit crédible aux yeux du spectateur ou du lecteur) et l’influence de la psychanalyse entrainèrent ainsi l’apparition de l’irrationnel dans les pièces de théâtre. Eugène Ionesco, par exemple, fut l’un des auteurs qui intégra le plus dans ses pièces l’irrationnel. On peut le voir par exemple avec Rhinocéros, où les personnages se transforment petit à petit en rhinocéros. On peut donc dire qu’il est tout à fait possible de ne pas respecter les règles classiques et de connaître le succès.

En outre, le non respect de la règle des trois unités favorise l’imagination du spectateur ou du lecteur qui doit alors s’adapter à l’intrigue. Par exemple, la Folle journée ou Le Mariage de Figaro de Beaumarchais ne respectent pas l’unité de temps, Rhinocéros ne respecte pas l’unité de lieu… Cela prouve don que le succès de la pièce ne dépend pas du respect des règles classiques.

Enfin, le non respect de la règle de bienséance qui est notamment conséquence des horreurs de la guerre, permet beaucoup plus qu’une simple catharsis. En effet, ce procédé permet non seulement d’inspirer de la pitié, de la peur au spectateur mais il l’oblige aussi à participer à la pièce. On le voit par exemple avec de nombreuses pièces d’Eugène Ionesco et plus généralement avec de nombreuses pièces du XXème siècle. On peut donc voir que le respect des règles classiques n’est pas nécessairement obligatoire pour le bon fonctionnement de la pièce.

Le respect ou non des règles classiques est surtout la conséquence de l’évolution du genre théâtral et du siècle dans lequel on se trouve. En effet, au XVIIème siècle, siècle du classicisme, les auteurs devaient respecter des règles strictes car leurs personnages eux-mêmes, inspirés de l’Antiquité grecque ou romaine, devaient respecter des règles strictes. Cette influence du siècle dans lequel l’auteur se trouve et la manière de penser caractéristique de cette époque est notable non seulement dans le théâtre mais aussi dans tous le genres littéraires.



Julie A., 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, juin 2009.




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