La petite fille de Monsieur Linh Claudel et le chapitre 3, la guerre de Candide, Voltaire.

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La petite fille de Monsieur Linh de Philippe Claudel et le chapitre 3 de Candide de Voltaire



Comment Candide se sauva d’entre les Bulgares, et ce qu’il devint

Rien n’était si beau, si leste, si brillant, si bien
ordonné que les deux armées. Les trompettes, les fifres, les hautbois, les
tambours, les canons, formaient une harmonie telle qu’il n’y en eut jamais en
enfer. Les canons renversèrent d’abord à peu près six mille hommes de chaque
côté ; ensuite la mousqueterie ôta du meilleur des mondes environ neuf à dix
mille coquins qui en infectaient la surface. La baïonnette fut aussi la raison
suffisante de la mort de quelques milliers d’hommes. Le tout pouvait bien se
monter à une trentaine de mille âmes. Candide, qui tremblait comme un
philosophe, se cacha du mieux qu’il put pendant cette boucherie héroïque.

Enfin, tandis que les deux rois faisaient chanter des Te Deum, chacun dans
son camp, il prit le parti d’aller raisonner ailleurs des effets et des causes.
Il passa par-dessus des tas de morts et de mourants, et gagna d’abord un village
voisin ; il était en cendres : c’était un village abare que les Bulgares avaient
brûlé, selon les lois du droit public. Ici des vieillards criblés de coups
regardaient mourir leurs femmes égorgées, qui tenaient leurs enfants à leurs
mamelles sanglantes ; là des filles, éventrées après avoir assouvi les besoins
naturels de quelques héros, rendaient les derniers soupirs ; d’autres, à demi
brûlées, criaient qu’on achevât de leur donner la mort. Des cervelles étaient
répandues sur la terre à côté de bras et de jambes coupés.
Candide s’enfuit
au plus vite dans un autre village : il appartenait à des Bulgares, et des héros
abares l’avaient traité de même. Candide, toujours marchant sur des membres
palpitants, ou à travers des ruines, arriva enfin hors du théâtre de la guerre,
portant quelques petites provisions dans son bissac, et n’oubliant jamais
mademoiselle Cunégonde. Ses provisions lui manquèrent quand il fut en Hollande ;
mais ayant entendu dire que tout le monde était riche dans ce pays-là, et qu’on
y était chrétien, il ne douta pas qu’on ne le traitât aussi bien qu’il l’avait
été dans le château de monsieur le baron avant qu’il en eût été chassé pour les
beaux yeux de mademoiselle Cunégonde.


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Voltaire (1694-1778), Candide (1759), chapitre troisième (extrait).





Candide et Monsieur Linh sont des héros.
Point commun :
roman d'apprentissage+ thème de la guerre
Ces textes donnent l'image de
héros confrontés à l'adversité.
Linh doit fuir son pays en bateau portant
dans ses bras sa petite fille de 6 semaines.

= Héros tragiques
impuissants mais dignes face à un évènement douloureux
= De l'exil au
tragique : Claudel
Destin particuliers : réflexion sur la condition humaine
à travers la souffrance, la guerre et la solitude.

Voltaire : Candide, la guerre, extrait ch. 3


guerre : point commun au roman de Claudel et au
conte philosophique de Voltaire.

- La guerre conduit Monsieur Linh à
l'exil = déracinement avec sa petite fille.
Monsieur Linh = figure héroique
et pathétique = image de la guerre et de l'exil.
Il est le héros qui malgré
la douleur se place du côté de la vie.

Candide découvre la guerre :

Voltaire procède à une critique de la guerre en choisissant un registre
ironique
= Dénonciation de la guerre et de la philosophie de Leibniz pour
qui "tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes".
Voltaire montre
les limites de l'optimisme leibniz.
Candide est encore au chapitre 3 un
héros naif convaincu par les valeurs optimistes.
Candide = héros au centre
du récit.
C'est aussi un anti-héros qui a peur et qui veut fuir la vision
négative du monde

= Voyage initiatique de Candide + voyage initiatique
de Monsieur Linh
= Roman d'apprentissage.

 

 

 

 
   

 

Date de dernière mise à jour : 18/08/2017

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