Devoir n° 4 de français Cned 2sde = la règle de bienséance du XVIIe siècle dans les différents dénouements du corpus, Racine et Giraudoux

Les textes du corpus respectent-ils la règle de bienséance? Britannicus, Racine, Electre, Giraudoux, Racine, Phèdre

 

DNBac

 

Corpus de textes

Texte A : Racine, Britannicus (Acte V, scène 5), 1669

Texte B : Racine, Phèdre (Acte V, scène 7), 1677

Texte C : Giraudoux, Électre (Acte II, scène 7), 1937

Questions sur le corpus

Après avoir lu tous les textes du corpus vous répondrez à la question suivante :  Étudiez la règle de bienséance du XVIIe siècle dans les différents dénouements du corpus. Cette règle n’étant plus imposée au XXe siècle, on s’interrogera sur l’utilisation que peut néanmoins en faire Giraudoux.

 

Lecture des textes

Racine, Britannicus ( Acte V, scène 5 ), 1669 L’empereur Néron, fi ls d’Agrippine fait enlever Junie, la fi ancée de son demi-frère Britannicus, beau-fi ls d’Agrippine. Lors de leur rencontre, il tombe alors amoureux de la jeune fi lle. Jaloux de l’amour qu’éprouve Junie envers son demi-frère, Néron décide de le faire arrêter puis il donne l’ordre de l’empoisonner au cours du festin qu’il organise pour fêter leur fausse réconciliation. Burrhus, le précepteur de Britannicus, vient annoncer la mort de ce dernier à Agrippine.

Acte V – Scène 5 Agrippine, Burrhus

BURRHUS Ce dessein s’est conduit avec plus de mystère.

À peine l’Empereur a vu venir son frère,

Il se lève, il l’embrasse, on se tait, et soudain

César prend le premier une coupe à la main :

«Pour achever ce jour sous de meilleurs auspices,

Ma main de cette coupe épanche les prémices,

Dit−il ; dieux, que j’appelle à cette effusion,

Venez favoriser notre réunion.»

Par les mêmes serments Britannicus se lie.

La coupe dans ses mains par Narcisse est remplie,

Mais ses lèvres à peine en ont touché les bords…

Le fer ne produit point de si puissants efforts,

Madame : la lumière à ses yeux est ravie,

Il tombe sur son lit sans chaleur et sans vie.

Jugez combien ce coup frappe tous les esprits :

La moitié s’épouvante et sort avec des cris,

Mais ceux qui de la cour ont un plus long usage

Sur les yeux de César composent leur visage.

Cependant sur son lit il demeure penché ;

D’aucun étonnement il ne paraît touché :

«Ce mal, dont vous craignez, dit−il, la violence

A souvent, sans péril, attaqué son enfance.»

Narcisse veut en vain affecter quelque ennui,

Et sa perfi de joie éclate malgré lui.

Pour moi, dût l’empereur punir ma hardiesse,

D’une odieuse cour j’ai traversé la presse

Et j’allais, accablé de cet assassinat,

Pleurer Britannicus, César et tout l’État.

 

Scène 7 Thésée, Phèdre, Théramène, Panope, gardes

PHÈDRE

Les moments me sont chers ; écoutez-moi,

Thésée : C’est moi qui sur ce fi ls, chaste et respectueux,

Osai jeter un œil profane, incestueux.

Le ciel mit dans mon sein une fl amme funeste :

La détestable Œnone a conduit tout le reste.

Elle a craint qu’Hippolyte, instruit de ma fureur,

Ne découvrît un feu qui lui faisait horreur :

La perfi de, abusant de ma faiblesse extrême,

S’est hâtée à vos yeux de l’accuser lui-même.

Elle s’en est punie, et fuyant mon courroux,

A cherché dans les fl ots un supplice trop doux.

Le fer aurait déjà tranché ma destinée ;

Mais je laissais gémir la vertu soupçonnée :

J’ai voulu, devant vous exposant mes remords,

Par un chemin plus lent descendre chez les morts.

J’ai pris, j’ai fait couler dans mes brûlantes veines

Un poison que Médée apporta dans Athènes.

Déjà jusqu’à mon cœur le venin parvenu

Dans ce cœur expirant jette un froid inconnu ;

Déjà je ne vois plus qu’à travers un nuage

Et le ciel et l’époux que ma présence outrage ;

Et la mort à mes yeux dérobant la clarté,

Rend au jour qu’ils souillaient toute sa pureté.

 

Giraudoux, Electre, II, 9

La tirade du mendiant

Lecture de la scène 9 de l'acte II

Giraudoux, Électre ( Acte II, sc.9 ), 1937 La pièce de Giraudoux Électre est une réécriture moderne du célèbre mythe antique Électre. Ce passage est extrait de l’acte II scène 9, avant-dernière scène de la pièce ; il est précédé du récit, fait par le mendiant, de la mort d’Agamemnon (père d’Électre et d’Oreste), assassiné sept ans plus tôt par Clytemnestre (leur mère) et Égisthe (son amant). Oreste découvrant que les coupables sont sa propre mère et son amant, décide d’aller venger son père et demande au mendiant d’en faire le récit.

Acte II – Scène 9 Électre, La femme Narsès, Le Mendiant, Oreste

LA FEMME NARSES Si tu racontais, toi ! Tout sera fi ni que nous ne saurons rien !

LE MENDIANT Une minute, il les cherche. Voilà ! Il les rejoint !

LA FEMME NARSES Oh ! Moi, je peux attendre. C’est doux de la toucher, cette petite Électre. Je n’ai que des garçons, des bandits. Heureuses les mères qui ont des filles !

ELECTRE Oui…Heureuses…On a crié, cette fois !

LA FEMME NARSES Oui, ma fille.

LE MENDIANT (reprise de la tirade du mendiant)

LE MENDIANT

Alors voici la fi n. La femme Narsès et les mendiants délièrent Oreste. Il se précipita à travers la cour. Il ne toucha même pas, il n’embrassa même pas Électre. Il a eu tort. Il ne la touchera jamais plus. Et il atteignit les assassins comme ils parlementaient avec l’émeute, de la niche en marbre. Et comme Égisthe penché disait aux meneurs que tout allait bien, et que tout désormais irait bien, il entendit crier dans son dos une bête qu’on saignait. Et ce n’était pas une bête qui criait, c’était Clytemnestre. Mais on la saignait. Son fils la saignait. Il avait frappé au hasard sur le couple, en fermant les yeux. Mais tout est sensible et mortel dans une mère, même indigne. Et elle n’appelait ni Électre, ni Oreste, mais sa dernière fi lle Chrysothémis, si bien qu’Oreste avait l’impression que c’était une autre mère, une mère innocente qu’il tuait. Et elle se cramponnait au bras droit d’Égisthe. Elle avait raison, c’était sa seule chance désormais dans la vie de se tenir un peu debout. Mais elle empêchait Égisthe de dégainer. Il la secouait pour reprendre son bras, rien à faire. Et elle était trop lourde aussi pour servir de bouclier. Et il y avait encore cet oiseau qui le giflait de ses ailes et l’attaquait du bec. Alors il lutta. Du seul bras gauche sans armes, une reine morte au bras droit avec colliers et pendentifs, désespéré de mourir en criminel quand tout de lui était devenu pur et sacré, de combattre pour un crime qui n’était plus le sien et, dans tant de loyauté et d’innocence, de se trouver l’infâme en face de ce parricide, il lutta de sa main que l’épée découpait peu à peu, mais le lacet de sa cuirasse se prit dans une agrafe de Clytemnestre, et elle s’ouvrit. Alors il ne résista plus, il secouait seulement son bras droit, et l’on sentait que s’il voulait maintenant se débarrasser de la reine, ce n’était plus pour combattre seul, mais pour mourir seul, pour être couché dans la mort loin de Clytemnestre. Et il n’y est pas parvenu. Et il y a pour l’éternité un couple Clytemnestre-Égisthe. Mais il est mort en criant un nom que je ne dirai pas

LA VOIX D’ÉGISTHE, au-dehors Électre…

LE MENDIANT J’ai raconté trop vite. Il me rattrape

Lire le corrigé de la question corpus

 

 

 


 

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Date de dernière mise à jour : 29/08/2017

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