Sujets corrigés philo série L. Suffit-il d'observer pour connaître? Tout ce que j'ai le droit de faire est-il juste? Texte de Rousseau

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Suffit-il d'observer pour connaître? Tout ce que j'ai le droit de faire est-il juste? Texte de Rousseau, Discours sur l'origine et les fondements de l'inégalité parmi les hommes. Corrigé en ligne

 

 

 

Bac de philosophie série L

 

Baccalauréat 2017

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Sujets et corrigés : Mis en ligne le jour J à la fin des épreuves le 15 juin

1er sujet : Suffit-il d’observer pour connaître ?
2ème sujet : Tout ce que j’ai le droit de faire est-il juste ?
3ème sujet : Expliquer le texte suivant : extrait de ROUSSEAU, Discours sur l’origine et les fondements de l’inégalité parmi les hommes, 1755.
 

Un Auteur célèbre*, calculant les biens et les maux de la vie humaine et comparant les deux sommes, a trouvé que la dernière surpassait l’autre de beaucoup et qu’à tout prendre la vie était pour l’homme un assez mauvais présent. Je ne suis point surpris de sa conclusion ; il a tiré tous ses raisonnements de la constitution de l’homme Civil : s’il fût remonté jusqu’à l’homme Naturel, on peut juger qu’il eût trouvé des résultats très différents, qu’il eût aperçu que l’homme n’a guère de maux que ceux qu’il s’est donnés lui-même, et que la Nature eût été justifiée. Ce n’est pas sans peine que nous sommes parvenus à nous rendre si malheureux. Quand d’un côté l’on considère les immenses travaux des hommes, tant de Sciences approfondies, tant d’arts inventés ; tant de forces employées ; des abîmes comblés, des montagnes rasées, des rochers brisés, des fleuves rendus navigables, des terres défrichées, des lacs creusés, des marais desséchés, des bâtiments énormes élevés sur la terre, la mer couverte de Vaisseaux et de Matelots ; et que de l’autre on recherche avec un peu de méditation les vrais avantages qui ont résulté de tout cela pour le bonheur de l’espèce humaine, on ne peut qu’être frappé de l’étonnante disproportion qui règne entre ces choses, et déplorer l’aveuglement de l’homme qui, pour nourrir son fol orgueil et je ne sais quelle vaine admiration de lui-même, le fait courir avec ardeur après toutes les misères dont il est susceptible et que la bienfaisante nature avait pris soin d’écarter de lui.

BAC L

 

Sujet 1 : Suffit-il d’observer pour connaître ?


 

Les distinctions conceptuelles qu'il nous faudra travailler et développer dans notre dissertation :

 

Raison // Sensation, Perception

 

Rationalisme // et Empirisme

 

Connaissance rationnelle // connaissance empirique

 

 

Le questionnement s'organise donc autour de la relation entre Raison et Connaissance.

 

Reformulation du sujet :

Peut-on connaître seulement en observant ?

 

Problématisation:

 

Le sujet de la dissertation suggère que d'une part, observer n'est pas suffisant pour connaître, et d'autre part qu'il y aurait d'autres moyens à cette fin. Il soulève les questions suivantes :

 

Puis-je connaître seulement par l'expérience ?

L'expérience est-elle suffisante pour avoir une connaissance sur quelque chose ?

De quoi aurais-je besoin en plus pour connaître ?

 

Plan possible : Suffit-il d’observer pour connaître ?

 

I. L'observation suffit pour connaître

 

A. Les phénomènes physiques (c'est-à-dire les phénomènes de la nature) se manifestent selon une succession de causes à effets. Il n'est pas possible de connaître le pourquoi du phénomène de la réflexion par exemple, mais il est possible d'en étudier la succession de causes à effets afin de connaître comment le phénomène se manifeste. Or la relation de cause à effet est observable.

 

B. Francis Bacon est le père de la méthode expérimentale. Cela consiste à tester par des expériences répétées, la validité d'une hypothèse que nous posons au préalable

 

C. Toutefois, nous soulignerons qu'observer peut nous induire en erreur. Descartes démontre que nos sens nous induisent en erreur, en illustrant l'exemple du bâton plongé dans l'eau et qui nous paraît brisé à cause du phénomène de réflexion.

 

II. L'observation doit s'appuyer sur la Raison

 

A. En effet, plus que cela, Kant montre que la sensation (capacité de sentir) et la Raison ou l'entendement (capacité de juger) sont solidaires. Les expériences que nous faisons sont automatiquement subsumées (=rangées) en concepts par notre entendement. C'est par ce travail de classement que nous pouvons connaître

 

B. La science moderne a été marquée par le rationalisme. Les rationalistes, comme Galilée, pensaient que le monde entier était mathématisable et que nous pouvons donc connaître objectivement tous les pans du réel. Si nous admettons cela, nous disons que non seulement il ne suffit pas d'observer pour connaître , mais aussi que nous n'avons pas besoin d'observer pour connaître

 

III. Il est nécessaire d'observer pour connaître

 

A. Kant distingue dans Critique de la Raison Pure les noumènes (les choses en soi) des phénomènes (ce qui nous apparaît de ces choses en soi). Nous ne pourrons jamais connaître les choses en soi mais seulement leurs manifestations, ainsi, il est nécessaire d'observer pour tenter de connaître du mieux qu'on peut le réel qui nous entoure

 

B. La connaissance se limite donc à ce qu'on peut observer ou du moins, en faire l'expérience. C'est une limite que l'Homme doit d'ailleurs s'imposer : c'est la limite du champs des connaissances. Selon Pascal , la dernière démarche de la Raison c'est de reconnaître qu'il y a des choses qu'elle ne peut connaître

 

BAC L

 

Sujet 2 : Tout ce que j’ai le droit de faire est-il juste ?


 

Les distinctions conceptuelles qu'il nous faudra travailler et développer dans notre dissertation :

 

Droit naturel / et Droit positif

 

Le droit naturel appartient naturellement à tout homme. La liberté, le droit à la propriété, la santé et l'égalité en sont des composantes. Le droit naturel est inaliénable et inné.

 

Le droit positif est le droit posé (ou fixé) par les Hommes dans une société. C'est un ensemble de règles juridiques, de loi, qui régissent la société et garantissent son bon fonctionnement.

 

Droit et légitimité

 

Justice :

 

principe moral = agir conformément à la morale // principe de pouvoir (pouvoir de juger) // principe d'équité (rendre à chacun ce qui lui est du)

 

Justice naturelle // la justice comme vertu

 

 

Le questionnement s'organise donc autour de la relation entre Justice et Droit.

 

Reformulation du sujet :

Mes droits sont-ils justes ?

 

Problématisation:

 

Le sujet de la dissertation questionne le rapport entre droit et légitimité. La question nous pousse à analyser le concept de justice . Elle soulève les questions suivantes :

 

Y-a-t-ils des choses que j'ai le droit de faire mais qui ne sont pas justes ?

Peut-on parler de droit juste/injuste ?

Sur quoi repose ce qui est juste ?

 

Plan possible : Tout ce que j’ai le droit de faire est-il juste ?

 

I. Tout ce que j'ai le droit de faire est juste

 

A. Nous commencerions notre dissertation en cherchant de quoi émane la justice ? Émane-t-elle d'une justice supérieure ? De la force ? Pascal suggère que, puisque la justice divine ne nous est pas accessible, il conviendra de fonder la légitimé la justice, de la force qui l'impose, car d'une part, la justice sans force ne peut se faire respecter. Dans La République de Platon, Thrasymaque donne pour définition de la justice = obéissance à l'intérêt du plus fort »

 

B. La justice naturelle se distinguerait de la justice positive instituée et détenu par le gouvernement. La justice naturelle aussi légitime que l'exercice du droit naturel que Hobbes définit comme le droit de faire tout ce que la Raison propre à chacun jugera profitable. Ainsi, ici, tout ce que j'ai le droit de faire serait juste.

 

C. Dans l'Etat, celui-ci détient la justice tout comme je possède des droits. Locke affirme dans Second traitement du gouvernement civil, que l'institution du gouvernement n'a pour d'autres missions que de protéger mon droit à la propriété (= vie, liberté, biens, santé) qui est aussi ma liberté. Ici aussi, même dans le cadre d'une justice positive, l'exercice de mes droits est juste.

 

II. Cependant l'exercice de mes droits est encadré

 

A. Hobbes démontre que l'Etat de Nature (état dans lequel les hommes sont hors de toute société et institutions) est un Etat de guerre du fait même que tout ce que font les individus est légitime et rendu juste du fait qu'il possède un droit naturel et que c'est la justice du plus fort qui l'emporte et impose ses droits sur autrui. Un tel Etat de nature est invivable, c'est pourquoi, dans la République, le souverain représente la Justice. Il a le pouvoir de faire exercer les lois et de punir.

 

B. Est-ce que je peux commettre une injustice alors même que j'exerce mon droit ? L'Etat de Nature chez Hobbes est invivable précisément parce que la liberté de certains empiète sur celles des autres et l'Homme est sous la menace constante de se faire entraver dans ses droits. L'Etat Civil garantit la protection des droits de tous les individus membres de la société. Ce qui est de mon droit n'est pas forcément ce qui est juste et doit donc être encadré.

 

C. Nous pouvons encadrer l'exercice de nos droits nous même grâce à notre morale dictée par notre Raison. Avant toute action, il faut se demander si ce que je m'apprête à faire est conforme aux normes morales. Kant formule l'impératif catégorique: « Agis seulement d'après la maxime grâce à laquelle tu peux vouloir en même temps qu'elle devienne une loi universelle . Justice en tant que principe et exigence morale = tout ce que j'ai le droit de faire n'est pas juste.

 

 

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